2018-09-20general

Les matériaux biosourcés : une matière à intégrer dès la conception

Bois, paille, chanvre, lin, ouate de cellulose : les matériaux biosourcés occupent une place croissante dans la réflexion sur l’enveloppe et la structure des bâtiments. Leur intérêt ne tient toutefois pas à leur seule origine : leur pertinence doit être appréciée au regard du projet, de leur mise en œuvre et de leurs caractéristiques environnementales et techniques.

Matériaux biosourcés utilisés dans la construction et l’architecture
Les matériaux biosourcés

Les matériaux biosourcés sont issus de matière organique renouvelable, d’origine végétale ou animale. Dans le bâtiment, cette famille comprend notamment le bois, le chanvre, la paille, le lin, le liège, la ouate de cellulose ou certains textiles recyclés issus de biomasse. Ils peuvent intervenir dans la structure, l’isolation, les mortiers et bétons, les matériaux composites ou encore certains produits de finition.

Le terme « biosourcé » décrit avant tout l’origine de la matière. Il ne signifie pas automatiquement qu’un produit est local, entièrement naturel, recyclable ou doté d’un faible impact environnemental. Ces qualités doivent être examinées séparément, en considérant notamment la provenance des ressources, la transformation du produit, son transport, sa durabilité et sa fin de vie.

L’un de leurs intérêts environnementaux réside dans la présence de carbone biogénique stocké dans certains produits pendant leur durée de vie dans le bâtiment. Cette notion est aujourd’hui prise en compte dans l’évaluation environnementale de la construction et dans le label d’État « Bâtiment biosourcé ». L’emploi de matériaux biosourcés constitue également l’une des solutions mobilisables pour répondre aux enjeux de décarbonation associés à la RE2020.

Mais un matériau ne peut être choisi sur ce seul critère. Sa fonction constructive, ses performances thermiques ou acoustiques, son comportement face à l’humidité, au feu ou aux sollicitations mécaniques, ainsi que les règles de mise en œuvre applicables doivent être compatibles avec le projet. Une grande partie des filières dispose aujourd’hui de règles professionnelles, d’avis techniques ou d’autres documents permettant d’encadrer leur emploi.

Cette réflexion gagne à intervenir dès les premières études. Choisir une structure bois, une isolation en paille, en chanvre ou en ouate de cellulose peut influencer l’épaisseur des parois, les détails constructifs, les interfaces entre corps d’état et parfois l’organisation même du chantier.

Depuis 2024, le label « Bâtiment biosourcé » repose sur trois niveaux et évalue notamment la quantité de carbone biogénique stockée dans le bâtiment ainsi que la diversité des fonctions assurées par les produits biosourcés. Son attribution reste volontaire.

L’enjeu n’est donc pas d’utiliser du biosourcé comme une fin en soi, mais de choisir une matière cohérente avec l’architecture, les ressources disponibles, les contraintes techniques et les objectifs environnementaux du projet.